Juste pour parler…..

Il y a une semaine, j’étais sur la Prom’ (Promenade des Anglais pour les non Niçois), après avoir marché un bon moment, je décide de faire une pause pour profiter des quelques rayons de soleil de ce jour d’Automne. Pour ce faire, je m’assoie sur le muret de la plate-forme d’accès à l’escalier, lequel escalier permet en l’empruntant d’accéder à la plage en contrebas.

Je suis assise légèrement de biais, sur ma droite, j’ai vue sur la Méditerranée, en baissant le regard, j’aperçois la plage de galets, et les derniers courageux en maillot pour un bain de soleil ou un bain de mer, droit devant moi s’étale le panorama de la baie des Anges – je me demande qui eut cette idée de la surnommer ainsi, il y a de tout à Nice, mais des anges, certainement pas-, et enfin sur ma gauche, la vision de la Prom’ ou une foule dense à pied, en vélo, en skate ou tout autre moyen de locomotion à énergie humaine, va et vient dans les deux sens.

 

Installé la depuis un petit moment, surgit, marchant et poussant un caddy de supermarché, dans lequel des affaires éparses et variées sont entassés pêle-mêle, un homme sans domicile fixe, tellement buriné par la vie, sans age.

A hauteur de la poubelle de rue, il s’arrête, prend grand soin d’en enlever le couvercle, puis fouille à l’intérieur. Tranquillement, il en extrait un sac plastique blanc contenant un reste de sandwich, jeté la certainement par quelqu’un ne mourant pas de faim – je vais certainement paraître vieux jeu, mais on m’a appris à ne jamais jeter de nourriture, si je ne pouvais finir mon encas, à le garder pour plus tard ou pour le donner aux animaux-, et très délicatement, précautionneusement, tranquillement, en prenant soin de bien mâcher, il l’ingère. Puis, tout aussi calmement, après avoir fini son repas sous le regard indifférent ou désapprobateur des passants, il jette le sac dans la corbeille et remet le couvercle.

 

Voyant ce triste spectacle, je me dit:

  • jamais je ne ferai ainsi, jamais même à la rue je ne mangerai dans les poubelles!

Dans la fraction de seconde suivant cette pensée, il m’en vint une autre:

  • je parle ainsi parce que j’ai encore le choix…..mais, si comme cet être, je n’en possédais plus…..si j’avais comme lui tout perdu: famille, amis, relations, maison…..si c’était le seul moyen de subsister et pour rester debout….peut-être ferai-je pareil ou pire, serais-je aussi digne et ne mettrai-je pas carrément ma tête dans la poubelle pour manger….qui sas…..

 

Dans quel monde vivons-nous, jamais dans toute l’histoire de l’humanité, il n’y a eu autant abondance de nourriture et de biens de consommation courante et paradoxalement, plus nous produisons, plus nous excluons. Je compare la société d’aujourd’hui à une énorme centrifugeuse, tournant toujours plus vite, de plus en plus fort, laissant au fond, seulement les plus « aptes » à s’accrocher – combien de temps, ça c’est une autre histoire-, les autres, tous les autres étant systématiquement et définitivement éjectés!

 

 

 

Carmen

Auteur poète à mes heures je publie ici et ailleurs... Mes créations étant protégés, je vous encourage chers (es) lecteurs lectrices à ne pas tenter le diable ;-) en confondant partage et piratage :) Merci :)

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