Valls, demission !

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Devezh mat, Metz, mont a ra ? « Ah ! celui-là était innocent, vous le savez bien ! » C’est ce que le docteur Rieux, après avoir assisté à la mort d’un enfant dans La peste lance à l’abbé Paneloux pour répondre au prêche de ce dernier qui présentait la peste comme une punition divine ; ce devrait être la devise de tout être humain digne de ce nom quand un pouvoir, quel qu’il soit, donne un semblant de légitimité à une souffrance injustifiée (si tant est, bien sûr, qu’il y ait des souffrances justifiées !) infligée à un mineur ; ce devrait être la seule réponse possible à ceux qui se cachent derrière une loi inique pour justifier l’avanie dont Léonarda est la victime ! On dit que quand un homme bat une femme, ça ne veut pas dire qu’il est fort mais qu’il est une merde : de même, quand le ministre de l’intérieur s’en prend aux mineurs, ça ne veut pas dire qu’il est un ministre fort mais qu’il est un ministre de merde ! Que dis-je ? Un lâche qui s’en prend aux innocents pour compenser son incapacité flagrante à s’en prendre aux truands et, du même coup, assurer sa popularité auprès de veaux qui se croient menacés au plus profond de leur être dès qu’un visage un peu moins blanc que le leur apparaît sous leurs fenêtres !

Chaque fois qu’une aberration de ce genre se produit, je repense au petit môme en casquette du ghetto de Varsovie qui lève les bras bien haut, terrorisé, ne comprenant pas ce qui lui arrive. Le nazi qui le braque, fier de son sensationnel exploit de mener à la mort plus faible que lui, résume l’essence de tout pouvoir quand il s’exerce à l’encontre de ceux qui n’ont aucun moyen de se défendre, c’est-à-dire, et oui, en fait, presque tout le temps, que ce soit pour jeter des innocents en pâture à la vindicte populaire ou tout simplement pour éliminer ceux qui le gênent… On en arrive à se demander à quoi bon lutter contre le Front National puisque la quasi-totalité des horreurs dont ce parti de primates pourrait se rendre coupable au nom de la « préférence nationale » sont déjà commises présentement au nom de la « loi » de la « République », le tout avec la bénédiction d’une humanité haineuse à l’imagination débile et à l’intelligence desséchée qui le plus souvent assume sa beaufitude mais peut aussi se donner l’air d’être intelligente en assénant de vieilles notions desséchées qui puent le pétainisme pas frais à 100 mètres telles que « France éternelle » (mon cul !), « Patrie » (beurk !) ou « identité » (beurk, beurk, beurk !). On accuse d’angélisme ceux qui rêvent d’un monde plus tolérant, d’un pays moins arc-bouté sur ses frontières… Angélisme, idéalisme ? Mon œil ! Qui de plus concret que la souffrance d’une gamine embarquée, sans avoir eu le temps de comprendre, par des cerbère armés jusqu’aux dents avant d’être envoyée dans un pays où elle n’a jamais mis les pieds ? Quoi de plus concret que de naviguer pendant des jours sur une coquille de noix au risque de se noyer à tout moment, le plus souvent pour une somme exorbitante payée à je ne sais quel escroc, avant de s’échouer lamentablement sur une plage sur laquelle les pourris et les crétins viendront verser des larmes de crocodile avant de retourner vomir leur haine de l’étranger dans un stade de foot ou devant le JT de Jean-Pierre Pernault ? Quoi de plus concret que d’avoir voulu seulement vivre dans un monde sans guerre, sans fascisme et sans famine quand ses trois fléaux sévissent dans le pays d’où l’on vient ? Il faut vraiment être un occidental pourri-gâté qui passe son temps à se plaindre alors qu’il mange à sa faim et a un toit au-dessus de la tête, pour ne pas comprendre ça !

Quand on sait que les migrations ne représentent qu’une infime partie des déplacements internationaux et représentent presque toujours un gain pour les pays d’immigration (ce n’est pas moi qui le dis, c’est un rapport de l’ONU), on se dit que nos dirigeants n’ont aucune excuse pour ne pas abroger les lois qui permettent à de telles horreurs de se produire ! C’était la seule chose que j’attendais des socialistes, qu’on n’assiste plus à ces horreurs qui faisait l’ordinaire du sarkozisme : même ça, je n’y ai pas eu droit ! Et que dire des policiers qui, pour gagner leur vie, ont détruit celle d’une jeune fille ? Que dire des croquantes et des croquants, tous les gens bien attentionnées, qui riaient de la voir emmenée ? Je me demande pourquoi les lycéens qui manifestent pour soutenir Léonarda continueraient à aller en cours : qu’est-ce que les adultes ont à leur apprendre de la vie à part leur inculquer leur connerie ? C’est moi, qui ai toujours été un brillant élève, qui dit ça !

Il serait d’usage de finir sur un brillant trait d’esprit mais je n’ai vraiment pas le coeur à ça. Kenavo, les aminches !

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